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À Tournefeuille, il n’y a plus d’adjoint à la tranquillité publique

8 oct.
4 min de lecture

À la suite de la démission de Mme Élisabeth Husson-Barnier, adjointe à la tranquillité publique qui a claqué la porte de la majorité municipale en juillet, le maire fait le choix de ne pas la remplacer. Le nombre d’adjoints passe ainsi de onze à dix et Frédéric Parre reprend personnellement la délégation à la tranquillité publique, qu’il ajoute notamment à celle des finances.


Un choix qui interroge, alors que la sécurité et la tranquillité publique devraient plus que jamais mobiliser un élu pleinement consacré à ces questions.


J'ai interpellé le maire en conseil municipal :


Le maire l'a décidé : il n'y aura plus d’adjoint à la tranquillité publique. Circulez !

Une démission… et aucun(e) adjoint(e) pour lui succéder


Le 3 juillet dernier, Élisabeth Husson-Barnier, adjointe à la tranquillité publique, adressait au préfet sa démission de ses fonctions d’adjointe au maire.

Lors du Conseil municipal du 1er octobre, nous nous attendions donc légitimement à connaître le nom de l’élu ou de l’élue qui reprendrait cette délégation importante.

Il n’en sera rien.

La majorité a choisi de ramener le nombre d’adjoints de onze à dix et de ne confier la tranquillité publique à aucun autre adjoint.

Nous avons donc interrogé le maire sur cette décision et sur celui ou celle qui porterait désormais politiquement ce dossier au sein de l’exécutif municipal.


Sa réponse a été très claire : il s’en chargera lui-même.

« Il y a bien quelqu’un qui s’occupe de la police municipale, de la tranquillité publique à Tournefeuille : c’est le maire. Tout simplement. »

Après les cambriolages de cet été, un choix difficile à comprendre


Cette décision intervient pourtant dans un contexte qui devrait conduire, au contraire, à renforcer le pilotage politique de la tranquillité publique.

Cet été encore, Tournefeuille a connu plusieurs séries de cambriolages et d’effractions visant notamment les commerces. Dix commerces avaient été ciblés entre fin juin et début juillet, avant qu’une nouvelle série d’effractions ne soit constatée à la fin de l’été.

Ces événements ont légitimement suscité l’inquiétude des commerçants et des habitants.

Plus que jamais, nous avons besoin d’une politique de tranquillité publique structurée : présence sur le terrain, prévention, dialogue avec les habitants et les commerçants, vidéoprotection, organisation de la police municipale, mais également coopération permanente avec la Police nationale et les services de l’État.

Tout cela demande du temps, du suivi et une véritable impulsion politique.

C’est précisément le rôle que peut remplir un adjoint ou une adjointe clairement identifié et pleinement investi sur ces questions.


« La police municipale est la police du maire » : personne ne le conteste...


Pour justifier son choix, Frédéric Parre rappelle que l’on dit traditionnellement que « la police municipale est la police du maire » et estime important d’entretenir lui-même une relation directe et fréquente avec son responsable.

Personne ne le conteste.


Le maire exerce naturellement son autorité sur la police municipale. Mais cela n’empêche évidemment pas de confier à un adjoint la responsabilité politique et le suivi quotidien de la tranquillité publique.


Les deux fonctions ne s’opposent pas, elles se complètent.

Un maire peut parfaitement conserver une relation directe avec sa police municipale tout en disposant, à ses côtés, d’un adjoint chargé de suivre les dossiers, de travailler sur la prévention, de rencontrer les habitants et les acteurs concernés, de préparer les décisions et d'assurer dans la durée la coordination politique de cette politique publique.

C’est même précisément l’intérêt d’une équipe municipale et d’un exécutif composé d’adjoints : répartir les responsabilités pour mieux les exercer.


Finances, urbanisme, tranquillité publique : toujours moins de délégation


Ce choix pose d’autant plus question qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Nous avions déjà relevé qu’aucun adjoint n’était aujourd’hui spécifiquement identifié aux finances ou à l’urbanisme.


Le maire nous apprend désormais qu’il assume lui-même depuis plusieurs années la délégation des finances et qu’il ajoutera dorénavant à ses responsabilités celle de la tranquillité publique.

Finances, tranquillité publique, et une organisation de l’urbanisme dans laquelle aucun adjoint n’est spécifiquement identifié : voilà beaucoup de dossiers majeurs qui ne disposent plus d’un adjoint pleinement dédié.

À quoi servent alors onze, désormais dix adjoints, si les compétences parmi les plus importantes doivent progressivement être concentrées entre les mains du maire ?


Un maire peut-il tout faire lui-même ?


Cette situation soulève une question de méthode.


Frédéric Parre a-t-il du mal à déléguer les dossiers importants ?

Considère-t-il qu’aucun autre membre de son équipe n’est en mesure d’assumer la tranquillité publique ? S’agit-il d’un manque de confiance envers sa propre majorité ? Ou d’une volonté de concentrer toujours davantage les décisions et les responsabilités ?

Dans tous les cas, cette évolution de l’exécutif municipal nous interroge.

Car gouverner une ville de près de 30 000 habitants ne consiste pas à accumuler les délégations entre les mains d’une seule personne. Cela suppose une équipe, des compétences clairement réparties, des élus identifiés et responsables devant les habitants.

Et sur un sujet aussi sensible que la tranquillité publique, nous considérons qu’un adjoint ou une adjointe pleinement chargé de cette mission serait loin d’être superflu.


La tranquillité publique mérite un élu pleinement consacré à cette mission


Le maire a lui-même présenté récemment la tranquillité publique comme l’une des priorités de son mandat.

Nous prenons acte de cette ambition.

Mais alors, pourquoi supprimer précisément l’adjoint qui était chargé de la porter ?

À nos yeux, la sécurité et la tranquillité des Tournefeuillais méritent mieux qu’une délégation supplémentaire ajoutée à l’agenda déjà considérable du maire.

Elles méritent un élu identifié, disponible, présent sur le terrain et pleinement chargé de ce dossier.


C’était le sens de mon intervention au Conseil municipal.


Et au regard des événements vécus ces derniers mois à Tournefeuille, cette question est plus que jamais légitime.



Laurent SOULIÉ

Conseiller municipal à Tournefeuille, président du groupe Un Autre Avenir

Conseiller à Toulouse Métropole

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