Tournefeuille : vérité démocratique et responsabilité budgétaire
- Laurent Soulié

- 14 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 mai

L’actualité municipale récente place notre ville face à deux enjeux majeurs : la sincérité du scrutin des 15 et 22 mars et la réalité de sa trajectoire financière. Dans les deux cas, une même exigence s’impose : celle de la clarté, de la rigueur et de la responsabilité.
Une élection sous contrôle du juge, une exigence de vérité

Le second tour des élections municipales s’est joué à une seule voix. Dans une démocratie, un tel résultat impose une exigence absolue de transparence. Chaque bulletin compte, chaque irrégularité doit être examinée avec sérieux.
C’est dans cet esprit que nous avons saisi le tribunal administratif afin qu’un juge indépendant vérifie les conditions du vote. Cette démarche visait à garantir la sincérité du scrutin et à permettre à une autorité impartiale d’examiner les faits dans le respect du droit.
Le 13 avril, un élément majeur est venu la conforter.
Par un courrier du tribunal administratif, nous avons été informés que la préfecture de la Haute-Garonne avait elle-même déposé un recours en annulation. Autrement dit, l’autorité organisatrice du scrutin, représentant l’État, estime que des faits suffisamment sérieux justifient un contrôle approfondi. Une telle initiative est rare et significative.
La préfecture de Haute-Garonne confirme que les interrogations soulevées ne relevaient pas de simples débats politiques, mais d’éléments objectifs nécessitant vérification.
Des irrégularités qui interrogent la sincérité du scrutin

Les faits portés à la connaissance du juge sont connus : écarts entre le nombre d’émargements et celui des bulletins, bulletins en nombre supérieur aux enveloppes, ainsi qu’un vote litigieux identifié.
Pris isolément, ces éléments pourraient sembler limités. Mais dans une élection qui se joue à une voix, ils prennent une importance décisive et justifient pleinement un examen approfondi.
Dans les jours qui ont suivi le scrutin, ces faits ont parfois été contestés ou minimisés par des élus de la majorité. Le recours de la préfecture a profondément changé la nature du débat : il ne s’agit plus de soupçons, mais de faits examinés dans un cadre judiciaire. C’est dans ce cadre que la confiance doit être restaurée, loin des polémiques et des approximations.
Le tribunal administratif est désormais saisi de deux recours convergents. Une décision est attendue dans les prochains mois. Plusieurs issues sont possibles, dont une annulation du scrutin.
Si tel était le cas, les Tournefeuillais seraient appelés à se prononcer à nouveau, dans des conditions incontestables cette fois.
Une situation financière qui se dégrade

Parallèlement, le débat d’orientation budgétaire et le vote du budget ont mis en lumière une dégradation nette des équilibres financiers.
L’épargne nette recule fortement, pour s’établir à 674 000 € contre près de 2 millions l’an dernier, tandis que le taux d’épargne brute chute de 10,3% à 7,5% passant sous le « seuil d’alerte » de 10% et se rapprochant du « seuil limite » de 7%.
Dans le même temps, le recours à l’emprunt s’accélère : 4 millions d’euros seront empruntés en 2026, contre 2,5 millions en 2025. L’encours de dette atteindra 22,5 millions d’euros en 2026, soit une hausse d’environ 8 %. La capacité de désendettement se dégrade également, traduisant une dépendance croissante à l’endettement et aux financements extérieurs.
La ville dispose ainsi de moins en moins de marges pour financer ses projets sans recourir à l’emprunt.
Au-delà des chiffres, c’est la trajectoire globale qui interroge, avec des dépenses élevées face à des ressources insuffisantes et des équilibres de plus en plus fragiles. Si la situation n’est pas critique à ce jour, la trajectoire n’est pas favorable : nous ne sommes pas engagés dans la bonne direction.
Une dotation révélatrice d’une évolution préoccupante

La perception cette année de la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU) en est une illustration.
Cette aide nationale bénéficie aux communes dont les ressources apparaissent insuffisantes au regard de leurs charges.
Si cette dotation constitue une respiration à court terme, elle n’est pas en soi une bonne nouvelle. Elle traduit une évolution progressive de la sociologie de la ville, marquée par des ressources insuffisantes pour couvrir des charges en constante augmentation.
Autrement dit, l’arrivée de ménages plus modestes et la progression des situations de précarité entraînent mécaniquement une augmentation des dépenses sociales et des besoins d’accompagnement. Ce signal doit être regardé avec lucidité, car il éclaire les déséquilibres actuels et les choix de développement qui ont été faits ces dernières années.
Des choix budgétaires à clarifier pour l’avenir

Le programme de la majorité reposait sur une équation associant un haut niveau de dépenses à des recettes supplémentaires.
Or, dans le contexte actuel, aucune hausse d’impôts n’a été engagée. Les engagements demeurent, mais les ressources manquent. Le budget repose sur un équilibre fragile, où l’endettement devient la principale variable d’ajustement.
Cette logique n’est pas durable.
Elle réduit les marges futures et s’accompagne de choix à interroger, notamment en matière de politique sociale : la concentration croissante de populations en difficulté accroît les besoins et la pression sur les finances.
Une politique sociale est nécessaire, mais elle doit s’inscrire dans un équilibre global du développement de la ville et ne pas conduire à des déséquilibres durables.
Nous avons proposé de renforcer les recettes en développant l’attractivité économique de notre ville. Cette proposition n’a pas été entendue : le maire a préféré la caricaturer, en évoquant des « usines » là où nous parlions simplement d’entreprises et de création d’activité.
Ces choix engagent directement l’avenir de notre commune et appellent un débat clair et transparent. Nous restons pleinement mobilisés pour défendre une autre trajectoire, fondée sur une gestion plus rigoureuse et un cap clair pour Tournefeuille, au service de ses habitants et de l’avenir de notre ville.
Les élu.e.s du groupe « Un Autre Avenir » : Laurent Soulié, Laure Jimenez, Larbi Morchid, Caroline Martins, Nicolas Samuel, Sandrine Boillot, Lionel Romanetti, Anne Chevalier, Olivier Duchesne.

_edited_j.jpg)

