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Ferro-Lèbres : après des années de passage en force, le soudain virage « participatif » du maire

Pendant des années, la majorité municipale a défendu un projet de ZAC de 750 logements sur environ 13 hectares, sans véritable cœur de quartier, sans équipements sportifs à la hauteur et sans réponse convaincante aux inquiétudes des habitants.


Aujourd’hui, après le verdict très clair des urnes dans le quartier Arc-en-Ciel, le maire découvre soudain les vertus de la concertation, des commerces de proximité et de la « ville du quart d’heure ». Une conversion tardive dont le calendrier interroge sérieusement la sincérité.


Après des années de passage en force et une campagne municipale où ce projet a été vivement contesté, la municipalité prétend soudainement vouloir « construire avec les habitants ». Pourquoi un tel changement de cap ? Sincère prise de conscience ou simple manœuvre de communication ?
Après des années de passage en force et une campagne municipale où ce projet a été vivement contesté, la municipalité prétend soudainement vouloir « construire avec les habitants ». Pourquoi un tel changement de cap ? Sincère prise de conscience ou simple manœuvre de communication ?

Un projet contesté depuis près de dix ans


Le projet de ZAC Ferro-Lèbres n’est ni nouveau ni improvisé. Adopté dès 2017, il prévoit la construction de 750 logements destinés à accueillir environ 1 800 habitants. Les travaux pourraient même commencer dès l’année prochaine.

Depuis des années, les habitants du quartier, les riverains et notre groupe alertent la municipalité sur les faiblesses profondes de ce projet : une densité excessive, des conséquences importantes sur la circulation, des équipements publics insuffisants et l’absence d’un véritable projet de vie pour les futurs habitants.

Car un quartier ne se résume pas à une accumulation d’immeubles et de logements.



Où seront les commerces réellement nécessaires au quotidien ?

Où seront les équipements sportifs destinés aux enfants et aux familles ?

Où sera le gymnase indispensable pour accompagner l’arrivée de centaines de nouveaux habitants ?

Comment seront absorbés les déplacements supplémentaires ?


Pendant trop longtemps, ces questions ont été écartées ou minimisées.


Des années de fermeture, puis une soudaine conversion à la concertation


La mairie annonce aujourd’hui une phase de concertation à partir du mois de septembre. Les habitants seraient invités à contribuer à la définition d’une place récréative et sportive, d’une maison de quartier, de commerces et services en rez-de-chaussée, ainsi qu’à la qualité architecturale des immeubles. Des réflexions sont également annoncées sur la biodiversité et les mobilités.


Sur le principe, consulter les habitants est évidemment une bonne chose. C’est même ce que nous demandons depuis des années.


Mais une question s’impose : pourquoi maintenant ?

Pourquoi avoir attendu que le projet soit aussi avancé ? Pourquoi avoir ignoré pendant tant d’années les objections, les propositions alternatives et les inquiétudes exprimées par les habitants ? Pourquoi cette soudaine volonté de « construire avec les habitants » après une campagne municipale au cours de laquelle ce projet a été fortement contesté ?
Nos propositions d'amélioration du projet de ZAC de Ferro-Lèbres étaient au cœur de notre campagne des municipales de mars 2026 : moins de densité, plus de qualité.
Nos propositions d'amélioration du projet de ZAC de Ferro-Lèbres étaient au cœur de notre campagne des municipales de mars 2026 : moins de densité, plus de qualité.

La concertation ne doit pas devenir un simple outil de communication destiné à faire accepter des décisions déjà prises.


Elle n’a de sens que si toutes les questions peuvent réellement être remises sur la table, à commencer par le nombre de logements, la densité du projet, les équipements publics, les commerces, les mobilités et le calendrier de réalisation.


Les commerces de proximité : ce que la mairie refusait hier devient soudain une priorité


Pendant toute la campagne municipale, nous avons dénoncé le choix d’un quartier de 750 logements sans véritable offre commerciale intégrée.

Nous avons martelé qu’il était incohérent de parler de transition écologique tout en construisant un quartier obligeant ses habitants à prendre leur voiture pour accéder aux services essentiels.


Aujourd’hui, le maire explique au contraire vouloir créer un quartier associant logements, commerces de proximité, services, équipements publics, espaces verts et mobilités.

Nous ne pouvons que constater que le discours a changé.

Ce qui était absent ou marginal dans le projet devient soudain central. Les commerces et les services en rez-de-chaussée, que nous réclamions, sont désormais présentés comme l’une des grandes ambitions de la municipalité.

Nous nous réjouissons naturellement que nos alertes soient enfin entendues. Mais ce rattrapage tardif soulève une question politique essentielle : la mairie a-t-elle véritablement changé de vision ou cherche-t-elle seulement à corriger son image après les élections ?


Le message très clair envoyé par les habitants du bureau 18


Le maire ne peut ignorer le résultat du bureau de vote numéro 18, correspondant au quartier Arc-en-Ciel, directement concerné par la future ZAC.

Lors de l’élection municipale, ce bureau a massivement placé en tête la liste Un Autre Avenir que je conduisais. Il s’agit même du deuxième bureau dans lequel nous avons obtenu notre meilleur résultat.

Ce vote n’est pas anodin.

Il traduit le rejet d’une méthode, d’une politique d’urbanisation et d’un projet conduit sans véritable écoute des habitants. Les électeurs de ce quartier ont adressé un avertissement très clair à la majorité municipale.

Quelques semaines plus tard, le maire annonce une concertation, des commerces, des services et une nouvelle manière de « construire autrement ».


Chacun appréciera la coïncidence.

À nos yeux, ce revirement apparaît d’abord comme une tentative de reconquête politique d’un quartier dans lequel la majorité municipale a été sévèrement désavouée.

Une opération de communication plus qu’une véritable séance de travail ?


La mise en scène choisie pour accompagner cette annonce renforce également les interrogations.


La photographie publiée montre le maire lors d’une séquence présentée comme une réflexion sur le projet. Or, il y apparaît aux côtés d’une membre de son cabinet politique, et non dans le cadre d’une réunion associant urbanistes, techniciens, associations, commerçants ou représentants des habitants.


Le maire de Tournefeuille, ici aux côtés de sa directrice de cabinet politique, dans une photographie illustrant l’annonce d’une concertation sur la ZAC Ferro-Lèbres à partir de septembre : une mise en scène qui interroge sur la nature réellement technique et participative de cette soudaine concertation.
Le maire de Tournefeuille, ici aux côtés de sa directrice de cabinet politique, dans une photographie illustrant l’annonce d’une concertation sur la ZAC Ferro-Lèbres à partir de septembre : une mise en scène qui interroge sur la nature réellement technique et participative de cette soudaine concertation.

Cette image ressemble donc davantage à une opération de communication politique qu’à une véritable séance de travail sur l’avenir du quartier.

Cela ne prouve évidemment pas, à lui seul, l’absence de sincérité de la démarche. Mais le choix de cette mise en scène, ajouté au calendrier électoral et au changement soudain de discours, nourrit légitimement le doute.

Après tant d’années de fermeture, quelques photographies et quelques formules sur la démocratie participative ne suffiront pas à rétablir la confiance.


Une concertation, mais avec quelles marges de décision ?


La vraie question n’est pas de savoir si la mairie organisera quelques ateliers à la rentrée.


La vraie question est de savoir ce que les habitants auront réellement le droit de modifier.


  • Pourront-ils discuter du nombre de logements ou celui-ci restera-t-il définitivement fixé à 750 ?

  • Pourront-ils proposer une diminution de la densité ?

  • Pourront-ils demander un gymnase ou un véritable équipement sportif couvert ?

  • Les conséquences sur la circulation feront-elles l’objet d’études indépendantes et transparentes ?

  • La création des commerces sera-t-elle garantie avant l’arrivée des premiers habitants, ou seulement évoquée comme une intention ?


Une concertation sincère doit permettre de modifier profondément le projet.

Si les habitants ne sont invités qu’à choisir le mobilier urbain, la végétation d’une place ou la couleur des façades, alors il ne s’agira pas de coconstruction, mais d’un simple habillage participatif.

Nous n’avons pas attendu les résultats électoraux pour défendre un autre urbanisme


Contrairement au maire, nous n’avons pas attendu le résultat des élections municipales pour porter une véritable ambition pour ce nouveau quartier.

Depuis des années, nous défendons un urbanisme plus modéré, plus équilibré et plus respectueux de l’identité de Tournefeuille. Nous demandons que chaque opération soit accompagnée des infrastructures, des commerces, des transports, des espaces verts et des équipements publics nécessaires.

Nous avons toujours affirmé que la ZAC Ferro-Lèbres devait faire l’objet d’une révision complète, et non de quelques ajustements cosmétiques.


Notre position est constante :

  • revoir la densité et le nombre de logements ;

  • garantir de véritables commerces et services de proximité ;

  • prévoir les équipements scolaires, sportifs et associatifs indispensables ;

  • traiter sérieusement les conséquences sur les mobilités et la circulation ;

  • préserver davantage les espaces naturels ;

  • associer réellement les habitants avant que les décisions essentielles soient prises.


L’avenir du quartier Arc-en-Ciel ne peut pas être décidé au moyen de slogans ou d’opérations de communication concernant la future ZAC de Ferro-Lèbres.


Les Tournefeuillais ne doivent pas être pris pour des dupes


Nous participerons naturellement à toute démarche permettant d’améliorer réellement ce projet. Mais nous refuserons qu’une concertation tardive serve à légitimer après coup des choix arrêtés depuis plusieurs années.

Le maire affirme aujourd’hui vouloir « construire autrement ». Très bien. Mais construire autrement suppose d’abord de reconnaître les erreurs du projet initial, d’écouter réellement les habitants et d’accepter de remettre en cause les décisions prises.

Les Tournefeuillais jugeront sur les actes.


Ils sauront faire la différence entre une véritable révision du projet et une tentative de rattrapage politique. Entre une concertation sincère et de la communication. Entre un changement de cap réel et quelques promesses apparues opportunément après le verdict des urnes.

Sur l’urbanisme, notre ligne n’a jamais varié : moins de densification subie, davantage de qualité de vie et une révision complète du projet de ZAC de Ferro-Lèbres.

Nous le défendions avant l’élection.

Nous le défendons aujourd’hui.


Et nous continuerons à le défendre avec les habitants.


Laurent Soulié

Conseiller municipal, groupe Un Autre Avenir

Conseiller Métropolitain, groupe Métropole d'Avenir

Références :



Pétition de l'Association Ferro-Lèbres (20/12/2025) : Non au projet actuel de ZAC de Ferro-Lèbres à Tournefeuille


Association Ferro-Lèbres : https://assoferrolebres.blogspot.com




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